« Hermann Maier ne sera jamais champion
olympique de descente. Antoine Dénériaz l’est depuis hier. Pour toujours. Voilà
comment se font et se défont les destins des plus grands, lors des plus grands
rendez-vous. Hermann Maier, géant parmi les géants du ski alpin, sixième hier,
n’accomplira pas son rêve. Antoine Dénériaz était hier matin encore dans
l’attente du sien, auquel il croyait si fort. Il l’a accompli. Il est devenu à
son tour un très grand. Jamais dans l’histoire contemporaine des Jeux d’Hiver,
un champion olympique de descente n’avait repoussé si loin ses rivaux. Michael
Walchhofer, deuxième, à 72 centièmes, les autres à plus d’une seconde !
Comme si un athlète, l’été, remportait le 100m des Jeux trois bons mettre devant
les autres…
Antoine Dénériaz, un des plus doué pour aller
« chercher » la vitesse sur les pentes à sa mesure, comme celle de
cette « Banchetta » de Sestrière, est donc bien d’avantage que le
glisseur d’immense talent que nous avions abandonné, le genou gauche en vrac,
voilà treize moi à Chamonix. Hier, il a également prouvé qu’il possédait un
mental d’exceptionet une intelligence
formidable. Il lui en aura fallu, des ressources, pour ne vivre, depuis plus
d’un an, que pour ce 12 février 2006, jour qu’il savait devoir être le sien.
Oui, la grande saga du sport français s’est
enrichie d’un personnage d’une sacrée carrure, pas seulement d’un nom à
inscrire sous ceux d’Henri Oreiller, Jean Vuarnet, Jean-Claude Killy et
Jean-Luc Crétier, au palmarès de la descente des J.O… »
Claude Droussent, L’Equipe
Lundi 13 février 2006
Antoine Dénériaz est né le 6 mars 1976 en Haute-Savoie.
Licencié au ski-club de Morillon,
son village d’origine, il savait à peine marcher lorsqu’il fit ses premières
glissades à ski, avant de rejoindre son père, moniteur et entraîneur au club. A
15 ans, il participa à ses premières courses FIS, puis décrocha trois ans plus tard, en 1994, sa première
sélection pour les Championnats du monde
junior, aux Etats-Unis. A 19 ans, il entra en équipe de France B puis fit ses
débuts en Coupe du Monde à Val d’Isère, lors du Critérium de la 1ère
Neige en décembre 1996. Il obtint son 1er bon résultat chez les
grands en décembre 1998, toujours à Val d’Isère, se classant 4ème à
3 centièmes du podium…
Il découvrit les
Championnats du monde en 1999 à Vail (USA), où il se classa 21ème de
la descente.
En manque de
résultats, il ne fut pas retenu pour les mondiaux suivants et retourna en 2001
en Coupe d’Europe. Mais, en 2002, le voilà de retour en Coupe du Monde. Suit sa
première participation aux Jeux Olympiques, à Salt Lake City (12ème
de la descente).
Le 21 décembre 2002,
ce fut le déclic : il fêta à Val Gardena sa première victoire de Coupe du
Monde. La piste italienne devint son jardin puisque, sur ses trois succès en
Coupe du Monde, deux ont été réalisés là-bas (2002 et 2003), le 3ème
l’ayant été à Kvitfjell (piste des J.O de Lillehammer, Norvège) en mars 2003.
En 2003, il terminera 8ème de la descente des mondiaux. Cette
saison-là, il se classa 6ème de la Coupe du monde de la spécialité.
Le 7 janvier 2005, lors du 3ème entraînement de la descente de
Chamonix, il se blessa au genou gauche (rupture du ligament croisé antérieur)
et revint en Coupe du monde en début d’hiver 2005-2006 à Lake Louise au Canada.
Le 12 février 2006, Antoine est devenu le 5ème français champion
olympique de l’histoire.
Malheureusement, 3
semaines après son titre, Antoine chute à nouveau très lourdement à Aare en
Suède lors de la finale de la Coupe du monde 2006. Le renvoyant ainsi à
l’hôpital afin d’être soigné d’un staphylocoque contracté lors de la ponction
d’un hématome, puis pour être opéré d’un ménisque dans l’été 2006.
Il
mettra définitivement un terme à sa carrière le 5 décembre 2007.
Aujourd’hui, Antoine poursuit son active reconversion. D’abord en s’occupant de la
marque « DENERIAZ » qu’il a créé et déposé à l’automne 2008. Ensuite
dans le mouvement sportif en étant membre de la commission des athlètes du
Comité National Olympique et Sportif Français ainsi que de son homologue au
Comité Olympique Européen. Il a été un membre très actif de la candidature
d’Annecy au J.O de 2018. Il est aussi consultant pour France Télévision,
ambassadeur pour la marque MGM, parrain de l’association « Samoëns
handi-glisse ».
Enfin, il suit une
formation en mastère « Sport Marketing international » à l’ESSEC.